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26 03 2014

Venetian Centre for Baroque Music / Les Vénitiens et Paris

«Les Vénitiens et Paris», le festival annuel de musique baroque organisé par le Venetian Centre for Baroque Music, débute ce mercredi 26 mars à l’Église des Blancs Manteaux (avec l’Orchestre, les solistes et le chœur de l’Ensemble Correspondances dirigé par Sébastien Daucé, qui jouera Monteverdi, Lotti, Caldara, Charpentier) et continue le vendredi 28 mars à l’Eglise SaintGermain-l’Auxerrois pour un programme d’opéra : Cavalli, Rossi, Monteverdi (avec La Cappella Mediterranea, dirigée par Leonardo Garcia Alarcon).

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À l’occasion de ce rendez-vous extraordinaire, nous accueillons à l’Hôtel de Galliffet les grands spécialistes du répertoire baroque vénitien, venant des universités de Harvard, Bologne, Milan, Genève, Lyon et Paris, pour une journée d’études organisée par le Venetian Centre for Baroque Music.
Sous la direction d’Olivier Lexa, ce centre mène depuis des années un travail de fond sur le plan de la recherche et de l’interprétation, autour de la grande saison de l’art musical qui offrit à Venise, dans la première moitié du XVIe siècle, l’invention de l’opéra ouvert au public et un nouveau répertoire de musique instrumentale.
Tous les rdv du Festival «Les Vénitiens et Paris» ici.

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Journée d’étude à l’IIC : Réservez vos places en cliquant ici.
LES MUSICIENS ITALIENS ET VÉNITIENS À PARIS ENTRE 1640 ET 1670

Programme

10h – 13h

Sources musicales et historiques : musiciens italiens à Paris au milieu du XVIIe siècle

10h-10h30 Dinko Fabris (Conservatorio di Napoli / Università della Basilicata)

Musiciens et comédiens entre Venise et Paris : le rôle des Bentivoglio

10h30-11h Luca della Libera (Conservatorio di Frosinone)

Osservazioni sulle Litanie di Marc-Antoine Charpentier e Alessandro Melani

11h30-12h Anna Claut (Biblioteca nazionale Marciana)

Gli “italiani” a Parigi nei manoscritti musicali marciani. Il fondo “Contarini”, e gli altri musicali presso la Biblioteca Marciana di Venezia

14h30-17h

Un exemple emblématique : Cavalli à Paris

14h30-15h Jean-François Lattarico (Université de Lyon 3)

De la Finta pazza à la Folle supposée (Venise, 1641 – Paris, 1645). Réflexions sur une question de genre

15h-15h30 Olivier Lexa (Venetian Centre for Baroque Music)

Cavalli à Paris : une nouvelle approche

16h-16h30 Jennifer Brown (Grinnell College)

Il ritorno di Cavalli in patria: Francesco Cavalli’s trip to Paris and the composition of

Scipione Affricano (Venice, 1664)

16h30-17h Denis Morrier (Conservatoire de Montbéliard)

Modalité et contrepoint dans les musiques de Cavalli et Lully pour l’Ercole Amante : entre héritages vénitiens et particularismes parisiens

Visuel Vénitiens à Paris

 LES MUSICIENS ITALIENS ET VÉNITIENS À PARIS ENTRE 1640 ET 1670

 Résumés des interventions 

 Jennifer W. BROWN, Il ritorno di Cavalli in patria : Francesco Cavalli’s trip to Paris and the composition of Scipione Affricano (Venice, 1664)

In 1662, after two years working in France, Francesco Cavalli returned to Venice angrily swearing never to compose another opera. This remark is usually seen as a negative response to his trip to France. This paper reexamines Cavalli’s decision and concludes that, in fact, Cavalli regarded his trip to France in a positive light; its effects can be seen in Scipione Affricano, the first opera he wrote after resuming opera composition.

Anna CLAUT, Gli “italiani” a Parigi nei manoscritti musicali marciani. Il fondo Contarini, e gli altri musicali presso la Biblioteca Marciana di Venezia

Il periodo storico preso in considerazione per questa giornata di studi, come risaputo, è stato molto ricco di scambi  culturali tra Venezia, ma non solo, e la Francia, con prevalenza d’importazione “italiana”, specialmente per quanto riguarda il teatro d’opera. Alla Marciana è possibile riscontrare importanti testimonianze in questo senso nei  fondi  manoscritti “Contarini” e  “Canal” dove si trovano  spartiti  e  partiture  d’opera  di  Lodovico  Balbi,  Luigi  Rossi,  Giovan  Battista  Lulli  e Francesco (Caletti Bruni) Cavalli. Il fondo più importante, per il secolo XVII, è quello pervenuto in Biblioteca nel 1844, con legato testamentario di Girolamo, ultimo erede della nobile famiglia Contarini di San Trovaso, o degli Scrigni, che comprende, fra altri preziosissimi codici, oltre l’Incoronazione di  Poppea di Monteverdi, le 27 partiture delle opere di Cavalli che si trovavano nella gentil libraria del suo antenato  Marco (1631-1689) collezionista bibliofilo, e amante della musica.

Luca DELLA  LIBERA, Osservazioni sulle Litanie di Marc-Antoine Charpentier e Alessandro Melani

Durante il suo soggiorno romano nella metà degli anni Sessanta, Marc – Antoine Charpentier ebbe l’occasione di venire a contatto con i musicisti attivi nelle grandi basiliche. Tra questi, uno dei più interessanti e meno studiati è Alessandro Melani, membro di una famiglia di musicisti pistoiesi e attivo nella Basilica di Santa Maria Maggiore e nella Chiesa di  San Luigi dei Francesi. Obiettivo di questa relazione è proporre alcune osservazioni sul repertorio dei due autori, in particolare sulle loro Litanie.

Dinko FABRIS, Musiciens et comédiens entre Venise et Paris : le rôle des Bentivoglio

Le rôle politique joué pendant le XVIIe  siècle en France par des membres illustres de la famille Bentivoglio de Ferrare, depuis Guido Bentivoglio, nonce du pape de 1616 à 1621 puis cardinal, est très connu. Le rôle artistique joué par d’autres membres de la même famille dans la circulation de chanteurs, musiciens et  comédiens entre Venise,  d’autres villes d’Italie et Paris n’a cependant jamais été exploré en détails. Le marquis-entrepreneur Cornelio Bentivoglio (1606-1663), ses frères et  son  fils,  le  futur  dramaturge  Ippolito  (1630-1685),  se  révèlent   notamment   à  travers  la correspondance conservée à Ferrare. Elle met en scène une bonne partie des protagonistes impliqués dans l’introduction de l’opéra italien en France, depuis l’Orfeo de Luigi Rossi à l’époque de Mazarin  (qui  par  ailleurs  doit  le  début  de  sa  carrière  international  aux  faveurs  du  cardinal Bentivoglio) jusqu’aux opéras de Cavalli composés pour le mariage de Louis XIV (Xerse à Venise en 1654 avait déjà été  dédié à  Cornelio). On retrouve également la famille Bentivolgio dans l’organisation des itinéraires en France des troupes italiennes de la Commedia dell’Arte. On croise ainsi toute une série de chanteurs et de musiciens, de compositeurs et de poètes, de mécènes et de puissants, d’intermédiaires et de serviteurs, au cœur de l’histoire difficile de l’opéra  romain et vénitien en France au XVIIe siècle.

Jean-François LATTARICO, De la Finta pazza à la Folle supposée (Venise, 1641 – Paris, 1645). Réflexions sur une question de genre.

La  communication portera sur les  pérégrinations du premier  opéra donné  à  Paris  en  1645 et s’interrogera sur les nécessaires adaptations de l’œuvre au public parisien, après que le drame en musique de Strozzi et Sacrati a bénéficié d’une extraordinaire diffusion dans la péninsule (Venise, Plaisance), et se poursuivra à Bologne, Gênes,  Turin, Milan et Naples. Le caractère itinérant de l’œuvre – l’un des opéras vénitiens les plus joués au XVIIe  siècle avec le Giasone de Cicognini et Cavalli – est emblématique d’un genre spécifique, fortement ancré dans une dimension économique a  priori  réfractaire  aux  exigences  de  l’opéra  de  cour.  Il  s’agira  ainsi  de  s’interroger  sur  la « collusion » entre ces deux composantes opposées qui joua un rôle non négligeable dans le débat enflammé autour du théâtre en musique et la future création de la tragédie lyrique à la française.

Olivier LEXA, Cavalli à Paris : une nouvelle approche

Le séjour parisien de Francesco Cavalli a fait l’objet de maintes études, notamment à travers les travaux menés par différents musicologues sur Ercole amante. Cependant, de nombreuses questions demeurent sans réponse. Quel a été  le  quotidien du compositeur à Paris tout au long des deux années passées en France ? Quelles étaient ses relations avec les artistes et personnages politiques italiens alors présents à Paris ? Au centre de quels enjeux artistiques et  diplomatiques s’est-il trouvé ? Pourquoi et dans quelles conditions, après la mort de Mazarin et malgré le vif  succès rencontré par Lully auprès de Louis XIV et de la cour, la commande d’Ercole amante a-t-elle été confirmée ?  Nous tenterons de proposer différents éléments de réponse à ces interrogations, en replaçant  le  séjour  parisien  de  Cavalli  dans  un  contexte  élargi  à  la  vie  et  au  parcours  du compositeur.

Denis MORRIER, Modalité et contrepoint dans les musiques de Cavalli et Lully pour l’Ercole Amante : entre héritages vénitiens et particularismes parisiens

La production parisienne d’Ercole Amante a suscité la confrontation de deux styles et de deux langages musicaux  que tout semble aujourd’hui opposer : les formes lyriques développées par Cavalli, d’une part, et les ballets élaborés par Lully, d’autre part. Entreprendre aujourd’hui l’analyse des diverses musiques d’Ercole Amante invite à une nouvelle confrontation : celle de la pensée et des outils mis en œuvre par l’analyste contemporain face aux  éléments de la théorie musicale ancienne. Le langage musical du Seicento s’est développé dans une mentalité et  des pratiques fondamentalement modales et contrapuntiques. Mais cette mentalité et ces pratiques sont parvenues à   une   véritable  croisée  des  chemins  lorsque  Ercole  Amante  a  été  conçu.  L’omniprésente transposition  des  modes,  s’éloignant  fréquemment  de  l’ordo  naturalis  pour  rejoindre  l’ordo accidentalis, induit une nouvelle conception de leur emploi et surtout de leur nature ou propriété, évoluant vers ce que Charpentier dénommerait bientôt l’énergie de la transposition des modes. De même,  l’importance  grandissante de  la  dissonance dans  le  contrepoint invite à  concevoir une nouvelle forme  « d’harmonie dissonante »,  pour lesquels divers  traités  du XVIIe   siècle  (tel  le Tractatus Compositionis augmentatus de Christoph Bernhardt, rédigé vers 1660) offrent des outils de compréhension  particulièrement pertinents. Ce sont ces diverses confrontations, actuelles ou passées, que nous tenterons d’évoquer dans le seul but de permettre un questionnement, aussi large qu’ouvert, sur les outils nécessaires à l’analyse moderne des compositions musicales anciennes.

bb

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